CELINE MEYNIER

CELINE MEYNIER
LES PRÉSENTES

Exposition du 3 au 28 mars 2015
Vernissage mardi 3 mars de 18h à 21h

Cécile Meynier / Atelier

W – 2014, mélaminé, sapin

Califormication ou Notes du fabricant

Le travail de Cécile Meynier se construit à partir de matériaux simples, les matériaux de la construction et de l’habitat populaire. Parpaings, tasseaux, placo, formica et crépis s’articulent dans les gestes généreux et précis de l’artiste pour ériger un nouvel art de vivre. Fixer les différentes facettes du monde, restituer ses paysages, proches ou lointains, ruraux ou urbains, les ombres des êtres qui les occupent, anonymes ou amis, rencontres de passage, dans différents types d’intérieurs et d’environnements.

Cécile Meynier a longtemps créé des atmosphères à travers les mises en scène de ses expositions et les différentes sculptures/maquettes, espaces dans l’espace, aux couleurs souvent criardes ou blafardes qu’elle fabrique.

Aujourd’hui, ses œuvres tentent d’articuler une réflexion qui mélange les matériaux, le « grand » art et un certain désir d’exotisme. Les objets s’autonomisent, ils jouent et se jouent de l’espace. Les formes conservent une infinie liberté mais elles dialoguent de plus en plus clairement avec l’histoire du dessin, de la peinture et de la sculpture.

Coloriste affirmée, l’artiste n’oublie pas ses teintes fétiches, les dorés de pacotille, les jaunes vifs, les lumières des néons, mais elle introduit des tonalités plus douces. Elle teinte les crépis dans la masse distillant une subtile ambiguïté entre la peinture ancienne et la peinture industrielle. Les différences de grains, les effets poudreux renvoient tout autant aux plus belles fresques de la renaissance toscane qu’aux grands noms de la sculpture contemporaine. Les formes géométriques prennent parfois des allures totémiques, le mélange entre les céramiques, souvent clinquantes, à l’émail brillant, les sculptures aux veines et marbrures baroques, la douceur de certaines terres et pigments, révèlent le désir du voyage que l’artiste entreprend, de l’Europe de l’est à l’Afrique, mais aussi dans l’histoire des formes.

Ainsi ces paravents, faits de panneaux d’aggloméré et de formica, qui accueillent et enserrent de subtils dessins. Ces frottages réalisés au graphite ou à la mine de plomb donnent une préciosité insoupçonnée aux matériaux simples que l’artiste utilise. Ils leur confèrent même une certaine religiosité.

Au premier regard, ces objets convoquent un art plutôt contemporain, dans le prolongement du mélange des réflexions d’un certain art minimal et conceptuel autour de la peinture et de la sculpture, mais il n’en est rien. Ils sont comme des retables dont les portes s’ouvrent vers la contemplation humaine et actuelle d’une artiste d’aujourd’hui, consciente de l’histoire dans laquelle elle s’inscrit, curieuse des autres, et ouverte au monde. Un monde dont l’univers se nourrit tout autant des enduits des maisons hongroises que de la sculpture marocaine, des apprêts gras et dégoulinant d’une discothèque de campagne que du sang qui coule dans les artères d’un marbre de Carrare, d’une plante verte sur une étagère ou d’une peinture monochrome. Un monde qui se donne ainsi la possibilité d’envisager de nouvelles définitions du sacré.

Alexandre Rolla

www.cecilemeynier.com

Cécile Meynier / Atelier

 Rampe – 2014, cailloux, plâtre teinté, médium
Cécile Meynier's objects of art
Podium – 2014, bois, moquette, plâtre, cailloux

 

ANNE HOUEL

Carte Blanche à François Pourtaud :

ANNE HOUEL
(RE)CONSTRUCTIONS 

Exposition du 3 au 14 Février 2015
Vernissage mardi 3 février de 18h à 21h

Mise à jour 3, blanc de meudon, 370x280 cm, 2014 ©Laurent Ardhuin

 

Archéologue de l’invisible, Anne Houel nous fait voyager sur les traces de l’oubli.

Elle nous invite à redécouvrir l’histoire, ses histoires.

Dans ses « Mises à jour », dessins au blanc de Meudon, qu’elle effectue sur les vitres de ses espaces d’exposition et qu’elle travaille comme des cartes à gratter, Anne Houel œuvre délicatement à faire surgir par des vides le sujet de sa préoccupation. Ici Mise à jour 12 révèle les façades de l’ancien quartier Beaubourg, dont celles qui ont servies de support pour la percée de deux bâtiments « Conical Intersect » intervention de Gordon Matta-Clark pour la biennale de Paris en 1975. Ré-apparition intemporelle et éphémère qui s’effacera à la fin de l’exposition.

Cette précarité se prolonge dans les « Mises aux normes » avec l’utilisation des fragments résiduels recomposés auxquels sont attribués une nouvelle vie. Pour Re-construction, elle nous conduit en quête d’architectures souvent ignorées mais demeurant « mémoire vivante ». Elle scrute les formes et le vide. Elle joue avec les volumes construisant comme des jeux de cubes, des architectures fragiles et instables à la limite ambiguës et provocantes.
Dans Dérive, c’est une archéologie livresque ou documentaire qui nous est dévoilée. Les pages ne peuvent être consultées ni tournées car elles sont fouillées, creusées, comme des strates pour mieux en percer l’essence. Anne Houel revendique dans son travail « le constat d’une mémoire, matérielle, physique et mentale ». Comme si comprendre n’était pas suffisant. Elle fait remonter en surface, cette présence effacée par le temps que sont les secrets de l’oubli.François Pourtaud

www.annehouel.com

 

Cultures #2, acier, verre, gravats, néons, 200x400x240 cm, espace public Caen, 2014, mécénat IP2Didier Webre ©Anne Houel
Cultures #2, acier, verre, gravats, néons, 200x400x240cm, espace public Caen, 2014, mécénat IP2/Didier Webre  ©Anne Houel
Dérive, intervention sur l’encyclopédie Life autour du monde, 700x32 cm, 2014 ©Anne HouelDérive, intervention sur l’encyclopédie Life autour du monde, 700×32 cm, 2014 ©Anne Houel