{"id":1306,"date":"2015-11-16T15:45:14","date_gmt":"2015-11-16T14:45:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.haut-pave.online\/galerie\/?p=1306"},"modified":"2016-02-22T18:16:45","modified_gmt":"2016-02-22T17:16:45","slug":"1306","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.haut-pave.org\/galerie\/2015\/11\/16\/1306\/","title":{"rendered":"MARJORIE BRUNET"},"content":{"rendered":"<h1><strong>MARJORIE BRUNET<\/strong><\/h1>\n<h1><strong><em>Maintenance des Equipements et Syst\u00e8me des Espaces<\/em><\/strong><\/h1>\n<h1>du 17 novembre au 19 d\u00e9cembre 2015<\/h1>\n<h1 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff6600;\">Vernissage\u00a0mardi 24 novembre 2015 de 18h \u00e0 21h \u00a0<\/span><\/h1>\n<h1><\/h1>\n<figure id=\"attachment_1310\" aria-describedby=\"caption-attachment-1310\" style=\"width: 600px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.haut-pave.online\/galerie\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/DSC08333_2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1310 size-medium\" src=\"http:\/\/www.haut-pave.online\/galerie\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/DSC08333_2-600x800.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.haut-pave.org\/galerie\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/DSC08333_2-600x800.jpg 600w, https:\/\/www.haut-pave.org\/galerie\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/DSC08333_2.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1310\" class=\"wp-caption-text\">Meurtri\u00e8re 01, 20,5&#215;24 cm, acrylique sur toile,carton,bois, 2015<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le titre intriguant de cette exposition, choisi par Marjorie Brunet, est le type d\u2019inscription\u00a0qu\u2019on lit sur une porte ou un organigramme sans en comprendre r\u00e9ellement le sens.\u00a0C\u2019est peut-\u00eatre pour cela que ces intitul\u00e9s sont cr\u00e9es\u00a0? Mais Marjorie Brunet s\u2019y est int\u00e9ress\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n\u2019est pas sans rappeler le <em>Message \u00e0 caract\u00e8re informatif<\/em>. Cette \u00e9mission de t\u00e9l\u00e9vision de la fin des ann\u00e9es 1990 consistait \u00e0 d\u00e9tourner, par le doublage, des films d\u2019entreprise du d\u00e9but des ann\u00e9es 80. S\u2019il s\u2019agissait avant tout d\u2019une pastille d\u2019humour, on y voyait aussi un monde du travail obsol\u00e8te, inop\u00e9rant et incoh\u00e9rent. L\u2019architecture industrielle, les espaces, les machines, les salles de r\u00e9unions, de tout cela \u00e9mergeait un d\u00e9calage avec la vie r\u00e9elle, une certaine esth\u00e9tique, discutable, et, sans doute, une forme de po\u00e9sie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans <em>Playtime<\/em> (1967) de Jacques Tati, la ville futuriste et les bureaux sont autant de\u00a0sujets d\u2019intrigue que de moquerie. Comment ces espaces, tellement pens\u00e9s en amont, peuvent-ils encore r\u00e9v\u00e9ler de telles d\u00e9faillances, des incoh\u00e9rences\u00a0si \u00e9normes?\u00a0Ainsi, Marjorie Brunet nous annonce, non sans malice, qu\u2019elle va prendre soin de maintenir\u00a0les \u00e9quipements et les syst\u00e8mes des espaces ou peut-\u00eatre va t-elle s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la mani\u00e8re\u00a0dont on s\u2019en pr\u00e9occupe\u00a0? Dans son travail de peintre, Marjorie Brunet n\u2019ignore rien de ces \u00e9l\u00e9ments subtils que sont la d\u00e9rision, la po\u00e9sie, ou bien l\u2019incoh\u00e9rence d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 urbaine parfois trop vite ex\u00e9cut\u00e9e.<\/p>\n<p>Elle est aussi une chercheuse infatigable, son champ d\u2019exploration principal \u00e9tant le tableau.\u00a0Qu\u2019y cherche-t-elle exactement\u00a0? On trouve dans les peintures de Marjorie Brunet certaines constantes\u00a0: la mati\u00e8re et les textures, issues de v\u00e9ritables recettes, des formes aussi, plus ou moins identifiables, r\u00e9f\u00e9rences parfois directes \u00e0 l\u2019espace, aux mati\u00e8res environnantes ou hommages subtils. La couleur est aussi un \u00e9l\u00e9ment fort de cette peinture d\u2019association.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ajoutons l\u2019espace, les proportions, les jeux d\u2019ombre et de lumi\u00e8re, faut-il \u00eatre m\u00e9thodique pour aborder toutes ces probl\u00e9matiques au c\u0153ur d\u2019un m\u00eame travail\u00a0?\u00a0Marjorie Brunet est devenue une remarquable observatrice de son environnement. Elle y d\u00e9c\u00e8le le plus inattendu, vous fait remarquer une texture, un d\u00e9tail d\u2019architecture incongru. Elle s\u2019applique encore \u00e0 saisir les meilleures opportunit\u00e9s de ce qu\u2019un lieu peut g\u00e9n\u00e9rer pour lui permettre de produire des tableaux dont les composants sont manipul\u00e9s et associ\u00e9s pour \u00e9voluer sans cesse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, le moment o\u00f9 elle semble se d\u00e9lecter le plus des effets de sa peinture sur le support est sans doute celui du faire, lorsque ses m\u00e9langes d\u2019eau, de pigments et de farine s\u00e8chent lentement donnant \u00e0 voir de superbes glacis, parfaitement lisses, pour lesquels sont con\u00e7us ses motifs et qui, peu \u00e0 peu, rev\u00eatent un aspect nouveau selon la recette mise au point. Le r\u00e9sultat, parfois grumeleux, craquel\u00e9 ou r\u00eache est comme le souvenir de l\u2019acte de peinture, comme si l\u2019acte de peindre \u00e9tait un instant un peu sup\u00e9rieur et in\u00e9galable. Le tableau est parfois laiss\u00e9 \u00e0 ce geste ou bien utilis\u00e9 comme nouveau d\u00e9part, recouvert, perc\u00e9, d\u00e9coup\u00e9, associ\u00e9\u2026 Il est l\u2019objet de toute les manipulations possibles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est support de la peinture, bien s\u00fbr, mais il est aussi un objet autonome, se d\u00e9pla\u00e7ant et suivant des chemins que Marjorie Brunet lui donne \u00e0 prendre en fonction des lieux, des objets, des espaces qu\u2019elle rencontre. Le tableau est l\u2019objet et le mat\u00e9riau. C\u2019est une nouvelle chance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1954, le peintre Ellsworth Kelly est assis dans un bus \u00e0 New York, tentant de lire un livre.\u00a0Il est g\u00ean\u00e9 dans sa lecture par l\u2019ombre port\u00e9e des fen\u00eatres du bus sur les pages du livre. Kelly observe alors ces ombres bouger sur son livre avec le mouvement du bus. Il en tirera des dessins mais aussi une vraie attitude dans son processus de travail. Ellsworth Kelly dit\u00a0: <em>I realized I didn\u2019t want to compose pictures, I want to find them<\/em> <em>*<\/em>. Il parle aussi de chance, mais pas de celle que l\u2019on attend, celle que l\u2019on saisit, que l\u2019on provoque. (1)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La filiation de Marjorie Brunet avec Ellsworth Kelly est aussi une question d\u2019attitude. Marjorie Brunet, dans un espace, un environnement, y compris dans ses propres tableaux, continue de provoquer des opportunit\u00e9s et trouver des images. Une attitude volontaire et courageuse d\u2019une peintre exigeante et sans compromis qui ne se laissera pas dominer par son environnement et nous donnera \u00e0 voir et \u00e0 penser ce \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de quoi nous venions juste de passer.\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<strong>Alexandre Leger &#8211; Octobre 2015<\/strong><\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\">*<em> J\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 que je ne voulais pas composer des images, je veux les trouver.<\/em><\/h6>\n<h6 style=\"text-align: justify;\">(1) Ellsworth Kelly: New York Drawings 1954-1962 \u2013 Richard Shiff &#8211; Matthew Marks Gallery \u2013Editions Prestel 2014<\/h6>\n<figure id=\"attachment_1311\" aria-describedby=\"caption-attachment-1311\" style=\"width: 491px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.haut-pave.online\/galerie\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/blcbrut.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1311\" src=\"http:\/\/www.haut-pave.online\/galerie\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/blcbrut-491x800.jpg\" alt=\"sans titre,72x20x12 cm, acrylique sur toile et bois enduit, 2011\" width=\"491\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.haut-pave.org\/galerie\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/blcbrut-491x800.jpg 491w, https:\/\/www.haut-pave.org\/galerie\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/blcbrut.jpg 628w\" sizes=\"auto, (max-width: 491px) 100vw, 491px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1311\" class=\"wp-caption-text\">sans titre,72x20x12 cm, acrylique sur toile et bois enduit, 2011<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MARJORIE BRUNET Maintenance des Equipements et Syst\u00e8me des Espaces du 17 novembre au 19 d\u00e9cembre 2015 Vernissage\u00a0mardi 24 novembre 2015 de 18h \u00e0 21h \u00a0 Le titre intriguant de cette exposition, choisi par Marjorie Brunet, est le type d\u2019inscription\u00a0qu\u2019on lit sur une porte ou un organigramme sans en comprendre r\u00e9ellement le sens.\u00a0C\u2019est peut-\u00eatre pour cela &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.haut-pave.org\/galerie\/2015\/11\/16\/1306\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;MARJORIE BRUNET&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1306","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-expositions"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.haut-pave.org\/galerie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1306","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.haut-pave.org\/galerie\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.haut-pave.org\/galerie\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.haut-pave.org\/galerie\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.haut-pave.org\/galerie\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1306"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.haut-pave.org\/galerie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1306\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.haut-pave.org\/galerie\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1306"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.haut-pave.org\/galerie\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1306"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.haut-pave.org\/galerie\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1306"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}