Carte blanche à Frédérique LOUTZ avec Isabelle DELUGEAU, Gad COHEN et Renaud BUENERD

« Que l’envers reprenne ses droits car l’endroit ne tolère plus de revers « 

Exposition du 3 au 21 février 2026

Isabelle Delugeau

Dans un monde où l’absurde est dorénavant érigé en loi, considérons les deux bouts de la banane avec humour et candeur comme autrefois.

Convenons encore que si les deux bouts se valent, la possible bascule du fruit n’en révèle que mieux le contour de sa courbe.

Ce moment de bascule, où tout semble si différent, nouveau… et pourtant on n’invente pas une chicote, on l’accepte, on la partage ou alors tu chipotes. Et puis le fruit ne change pas de nature.

Comprenons que pour s’autoriser à être ce qu’ils sont, nos amis Isabelle, Gad et Renaud ont affuté leur dextérité, leur œil, leur choix en des territoires moins exposés mais non moins exigeants et s’ils ont tous trois commencé leur vie par un bout, ils la continuent du même élan.

Félicitons nos amis Isabelle, Gad et Renaud, longtemps au service d’autres commanditaires, d’oser enfin être à découvert, d’affirmer leur propre choix, sans fracture mais simple changement de facture.

Gad Cohen

Car oui, il y a du parcours de modéliste, de comédien, d’éditeur aussi, mais s’il y a du désir, de la copie, de la lutte, du découragement, du recouvrement, de la reprise, et des feuilles qui s’empilent et des formes qui se précisent, se répètent, se bousculent et des couleurs qui s’inventent et des grains de textures qui racontent, alors notre homme/femme/fruit est un artiste.

Je sais bien de quoi je parle puisque dans cette carte blanche-là, c’est moi qui distribue les rôles.

Quel état de grâce, le moment où je deviens le maître de cérémonie.

Quel état de chance ce moment où une main se tend vers celle qui veut être saisie, où une jambe se lève, un pied se pose, et un pas encore nous lie dans cette drôle de danse de la vie.

Car il faut bien tôt ou tard, je veux le croire, lever le lièvre, qu’il se présente à l’endroit, ou bien à l’envers.

Renaud Buénerd