Hélène NERAUD

« L’origine du silence »

Exposition du 8 novembre au 10 décembre 2022

Vernissage mardi 8 novembre de 18h à 21h

Le retour (le Dôme), 2012-2022, photographie numérique

Hélène Néraud est née en 1986 à Mont Saint Aignan, elle vit et travaille à Rouen.

Diplômée de l’école des Beaux arts de Rouen en 2010, elle mène une pratique artistique qui met en place un dialogue entre peinture, céramique et photographie et qui s’articule autour de  la notion d’exploration  de la pensée et de la mémoire du paysage, spécifiquement autour des paysages de haute montagne.

Il s’agit donc d’une recherche de reconnaissance, une tentative de mise au point et d’un éclairage sur une exploration  presque mystique des territoires de grande solitude

Par ailleurs, la couleur  est au cœur de ses préoccupations de forme et d’espace.

Private Joke(the dark one), 2021, 100x30x30cm, grès, verre, adhésif, confettis.(vue d’atelier)

La terre, matériau découvert et apprivoisé par l’artiste depuis plus d’une dizaine d’année, est le médium  qui lui permet de mettre en volume son rapport à la couleur.

Un matériau auquel elle est profondément attachée, sans être esclave des contraintes techniques qui sont inhérentes à cette matière.

Elle n’entretient pas un rapport d’exclusivité avec elle, au contraire,  le dialogue entre ses différents matériaux de prédilection permet de mettre en volume la couleur et son pouvoir d’attraction.

C’est à travers cette transdisciplinarité qu’Hélène Néraud se laisse aller à  rêver la couleur, tout en tentant de la révéler pour apprendre à mieux  la  posséder.

Le bout du monde II (détail), 110x70x60cm, 2019, grès émaillé.

Elle a participé à plusieurs expositions collectives dont : 

Rencontre n°41, La vigie, Nîmes, Autour d’une même terre, Le quadrilatère, Beauvais.

Elle a aussi exposé ses travaux au cours d’expositions personnelles :

Le bout du monde,  Le pays où le ciel est toujours bleu,(POCTB),  saison de la Borne à Nogent le roi.

L’envers du plan,  le pavillon, école d’art de Pantin.

Elle participera en 2023 aux expositions collectives suivantes :

 1, 2,3 couleur,  Espace Chailloux  pour l’art  Contemporain, Fresnes et  Mac Paris 2023, Espace Bastille, Paris.

http://helene.neraud.free.fr/

Longjun ZHANG

« Entre ici et là »

Exposition du 10 mai au 4 juin 2022

Vernissage mardi 10 mai de 18h à 21h

Les thèmes chers à Longjun Zhang sont les paysages, les objets du quotidien, les hommes…

Un homme est affalé dans un fauteuil, deux autres se mettent nus, un autre est assis face à nous prenant appui sur ses coudes, d’autres s’étreignent. L’homme marque là le point de tangence du vide et de la stabilité. Leur irréciprocité, sauf un couple qui s’enlace, est génératrice d’interrogation presque de mystère.

Que font-ils ? Ils semblent évoluer sans nous remarquer, presque dans un vide marqué par la couleur ou plutôt la non-couleur – le noir, le gris, le blanc – qui permettent l’approfondissement du sujet sur la toile, même si le noir a la propriété d’en aggraver les formes. Les toiles se cherchent dans la confrontation de ces corps, dans le débat entre les diverses inhibitions et censures que l’homme s’attribue à lui-même. Des figures pourtant désirantes faites souvent à partir de photos prises sur internet.

Les paysages sont plus apaisés. À la première lecture, ces déserts où toute présence humaine est effacée jettent le trouble tant l’image picturale, par une puissance qui frappe le regard, garde ses distances avec un regardeur possible. Les couleurs souvent presque sourdes réagissent à l’intérieur de leur propre lumière aux limites d’un silence et d’un calme apaisant. L’usage de la brosse et de pinceaux de différentes tailles permet à la peinture de se déployer et de faire surgir des transparences et une cosmogonie écrite dans les ombres et les lumières.

À ces deux séries bien identifiées, s’ajoutent des toiles de petit format sur la thématique de la main. Dotées d’une grande puissance suggestive, elles traduisent l’expression des sentiments et de la pensée, rappelant que dans la pratique de la peinture occidentale et de la calligraphie chinoise que Longjun connaît bien, la main qui tient le pinceau est une mémoire sans paroles, une mémoire d’expérience, faite de transmission, et fondée sur une accumulation d’apprentissages et d’oublis.

Il ne faudrait pas croire que la peinture de Longjun Zhang n’est faite que d’ombres et de violence. À y regarder de plus près, le peintre fait surgir des formes où la charge émotionnelle est tellement forte qu’elle peut sembler parfois assourdissante. Elle est en tous cas éclairée par une pensée très pure et forte qui s’immerge dans les formes peintes. Ses toiles peuvent évoquer Munch, Goya, Manet, plus récemment Joan Mitchell ou Marlène Dumas que Longjun Zhang aime à citer comme ses maîtres mais elles ne répètent jamais aucun modèle. Ses tableaux nous happent et nous nous laissons baigner par cette peinture majestueusement déployée où il nous incite à entrer.

Françoise Docquiert

Après des études à l’université Jiaotong du Sud-Ouest en Chine et un master en Arts Plastiques à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Longjun Zhang vit et travaille à Aubervilliers.

zhanglongjun.6@gmail.com

www.longjunzhang.com

Lydie CHAMARET

« Le patron de la sculpture »

Exposition du 7 au 18 décembre 2021 et du 4 au 15 janvier 2022

Vernissage mardi 7 décembre 2021 de 18h à 21h

Mes plats déployés, 2019, modélisme, couture, drap de laine bouclé, portant métallique. 250 X 160 X 30 cm
Peau d’orange, 2018, dentelle au fuseau, broderie, fils de cuivre, soie. 12 X 20 X 15 cm

Certaines pièces jouent sur le décalage, le paradoxe entre la spontanéité, la rapidité d’un geste banal du quotidien – éplucher une clémentine – et les longues heures de travail nécessaires à la technique de la dentelle au fuseau. La peau du fruit comme rebut devient elle-même le patron aléatoire de l’oeuvre à venir (Pelures de clémentines, 2017), qui fixe un geste fugace. Il en résulte un souvenir de l’anatomie de l’objet rendu sensible, organique par la fragilité de la dentelle.

Pelure de Clémentine, 2017, Dentelle au fuseau, fils de cuivre. 36,5 X 36,5 cm

Les oeuvres de Lydie Chamaret montrent un intérêt récurrent pour des vêtements et des coutumes de la fin du 19ème et début du 20ème siècle.

Une période de bouleversement artistique pendant laquelle s’articulent la fusion de l’art et du décoratif, avec en tête de proue des artistes/artisans de l’Art Nouveau comme Guimard, Gallé et Lalique. Un art ornemental inspiré des végétaux, du monde animal, du vivant, et transfiguré par l’invention de nouvelles techniques de l’art verrier, de la céramique ou du métal.

Les sculptures en dentelle au fuseau de Lydie Chamaret pourraient d’ailleurs être une transposition en volume des planches dessinées par Ernst Haeckel. Il s’en dégage une ambiguïté propice à l’imagination, des formes équivoques naviguant entre les états du vivant et de la matière.

Tout ce qui constitue le folklore de l’époque : les carnavals, les fêtes populaires colorées, l’excentricité de la mode (que l’on retrouve dans le Montmartre de Toulouse-Lautrec, illustrateur de l’Art Nouveau) semblent être un lointain héritage et une source d’inspiration. Elle en retient ces moments baroques où l’on se travestit, se cache, se montre sous d’autres facettes.

Cyril Gouyette, février 2020

www.lydiechamaret.com